Baptiste BERTRAND, né en 1805, était le plus jeune fils de Pierre Antoine BERTRAND qui fut Maire de VILLETELLE pendant près de un demi-siècle.

Epoux (en 1831) d’Antoinette BOUSCARIN, dont il eut au moins 4 enfants dont 2 fils morts en bas âge, il était le beau frère du Maire Jean OLIVIER, veuf de sa sœur Marie, en 1858-1859, époque où il est question de ce moulin.

Ce moulin constituait en effet un « établissement insalubre », et c’est à ce titre qu’il en est gardé trace aux Archives Départementale (cote 109 M285).

Mais il existait depuis 1794, dans une dépendance de la maison BERTRAND.

Le commissaire central de Lunel lui avait demandé le 15 octobre 1858, et à plusieurs reprises, de faire sa demande sur papier timbré et d’y joindre un plan des installations.

Le 4 novembre, sur papier libre, Baptiste BERTRAND fit sa demande au Préfet en ces termes :

« Il y a bien peu de temps que le soussigné vous fit une demande analogue à pouvoir continuer l’exercice d’un moulin à l’huile ; cette demande lui fut renvoyée faute par lui de ne pouvoir bien vous fixer le lieu où dépendait sa situation et motif des écoulements des eaux de la vinasse.

Il vient de nouveau, Monsieur le Préfet, vous prier de bien vouloir l’autoriser à rouvrir son dit Moulin à l’huile, et faire conduire lesdites eaux vinasses dans sa propriété, cotée 9, joint au croquis qu’il vous remet ci-joint ; à la distance de 55 mètres après la rue, ses eaux, dis-je, ne portent aucune atteinte à la salubrité publique, attendu que ses susdites eaux ne séjournent que fort peu de temps, attendu encore que le peu de récolte en olives dans ce petit village est très modique.

Je suis persuadé même que le susdit Moulin n’exercera guère plus de 15 jours ; d’un autre coté dans la saison que nous allons entrer ne peut d’aucune manière être préjudiciable à la salubrité.

Il se trouve que ce moulin existe et fonctionne depuis 1794, et il serait d’une grande perte au pétitionnaire vu qu’il a été désigné pour une partie de son lot dans sa portion de partage, qui le gênerait extrêmement.

Il espère cependant, Monsieur le Préfet, que vous ne tarderez pas à l’autoriser, vu le retard d’une seconde demande, et surtout pour les olivaisons qui vont commencer incessamment. »

Le 8 novembre, le Commissariat central de Lunel donna son avis, tout en plaignant que la demande ne soit  sur papier timbré et que le plan ne soit pas plus convenable :

« les résidus se répandant dans la rue qui est devant le moulin, et se jetant dans une mare placée de l’autre coté du chemin rue dans la propriété de Monsieur OLIVIER qui se trouve en face d’une maison habité qu’elle infecte, il doit être enjoint à BERTRAND de conduire par un aqueduc couvert qui traversera la rue, longera la propriété de Monsieur OLIVIER, et ira se jeter dans un puisard, établi dans un champ situé à coté de celui de Monsieur OLIVIER et à 100 mètres environ du village ».

Le 29 mai 1859, par arrêté préfectoral il lui fut enjoint ceci (art 1 2ème alinéa) : « il fera évacuer les eaux sales par un conduit couvert dans les fosses qui se trouvent au bas du vacant communal, fossés qui reçoivent les eaux à leurs sols du parc, et qui les amènent au Vidourle ».

Mais cette solution n’était guère satisfaisante, et c’est ce que le maire dans une lettre non datée, contresignée par BERTRAND, expliqua au Préfet :

« j’ai l’honneur de vous exposer que le sieur Baptiste BERTRAND, propriétaire d’un moulin à huile était dans l’usage d’écouler l’eau de cette usine dans le chemin public.

Les habitants s’étant plain pour cause d’insalubrité, un agent fut envoyé et après qu’il eut visité les lieux, il désigna une voie pour établir un aqueduc, mais cet aqueduc porterait les eaux dans un fossé près duquel un puits communal existe.

L’eau peut en être gâtée.

A part cet inconvénient, le Sieur BERTRAND sera obligé d’établir cet aqueduc à travers une olivette (appartenant à Monsieur de ROCHEMORE) distante d’environ 150 mètres à traverser, et d’en payer la servitude.

Vu ces difficultés, j’ai offert au Sieur BERTRAND de pratiquer cet aqueduc dans une autre direction, qui traverserait d’abord un champ m’appartenant dont je lui offre gratis la servitude, et ensuite se dirigerait dans un champ à lui appartenant, à la distance voulue par la loi ; de plus, ces eaux bonifierait  son terrain par arrosage. »

Et il prie le Préfet de bien vouloir approuver ce projet, « plus simple et moins couteux ».

Le 3 octobre 1859, l’agent voyer cantonal fit son rapport :

« le champ où Monsieur BERTRAND désire absorber les résidus de son moulin est à la distance de 200 mètres des habitations les plus rapprochées. Comme le moulin ne fonctionne en moyenne qu’une quinzaine de jours par an, que les eaux qui en proviennent n’ont pas une forte odeur, et qu’elles seront absorbées presqu’aussitôt qu’elles déboucheront de l’aqueduc, nous ne voyons pas d’inconvénients à ce que l’autorisation sollicitée par le pétitionnaire lui soit accordée. »

….autorisation qui lui fut accordé le 11 octobre 1859

Le plan du moulin